Les anglais sont très, très fiers de leur système social. Ils sont persuadés que l'Angleterre est un paradis et que la vie y est très facile. J'ai entendu à maintes reprises de la part de Britanniques que "c'est incroyable, tous ces gens qui profitent du système sans travailler, c'est pour ça qu'ils viennent tous ces immigrés, c'est pour notre système social, ils vivent comme des rois sans bouger leur cul d'un centimètre". Laissez-moi vous dire que je ne l'ai toujours pas rencontré, ce fameux système social. C'est bien simple: il n'y en a pas.
Les allocations chômages britanniques s'élèvent, pour une personne célibataire, à... 65 livres par semaine. Pour les novices, ça fait environ 77€ par semaine. Donc environ 300€ par mois. Alors, certes, quand on est sans emploi on est censé avoir le droit de recevoir une allocation au logement s'élevant à 80% des frais de loyer... mais il faudra quand même m'expliquer comment survivre avec 300€ par mois d'allocs quand il faut payer les 20% restants d'un loyer londonien, les frais d'énergie, les taxes d'habitations londoniennes, le téléphone & l'internet, les frais de nourriture, et les frais de transport (ces derniers constituant un scandale tel qu'il sera traité ultérieurement dans un article indépendant).
Mais, c’est une opinion largement partagée au Royaume-Uni, que les chômeurs le sont uniquement parce qu’ils veulent profiter de ces avantages tellement exubérants et leur permettant de vivre comme des empereurs, le tout sans travailler (oui, puisque les chômeurs sont tous des feignants). Cette opinion est assumée puisque les journaux et la télévision relaient fréquemment et sans complexes des interviews de politiciens qui mériteraient qu’on les soumette à la Question. De plus, il n'existe pas ou prou de réductions pour chômeurs sur les activités culturelles, sportives, etc... Sans compter la réaction des agents immobiliers ou des propriétaires lorsqu’ils apprennent que vous êtes chômeur. Vous pourriez aussi bien avoir « j’ai ebola » tatoué sur votre front.
Donc, afin de contrôler que tous ces atroces profiteurs ne bouffent pas tous les impôts exorbitants payés par les riches de Chelsea « aider la personne à se réinsérer sur le marché du travail », le chômeur doit se présenter régulièrement au jobcenter (une fois tous les quinze jours pendant les trois premiers mois, puis une fois par semaine). Là, une personne généralement doté du QI d’une huître contrôle la façon dont le dit chômeur s’y est pris pour trouver un emploi. « Vous avez fait du porte à porte ? Vous avez demandé à vos amis de parler à leurs chefs ? » Bref, des exigences sorties d’un autre siècle et complètement décalées des réalités du marché du travail.
Puis, on t’y fait bien comprendre que tu ne dois pas gaspiller l’argent du riche anglais. Et on t’ « aide ». On te propose des postes correspondants à tes capacités. Dans mon cas, cela a revenu à me proposer un poste de réceptionniste dans un élevage de grenouilles dans le Sussex (autant dire que je l’ai pas trop bien pris, m’enfin après avoir vécu en Belgique, les remarques antifrançaises, j’ai l’habitude).
Enfin, on te donne des conseils. Des conseils hautement utiles. Du genre : « bon, quand vous envoyez une candidature, n’oubliez pas d’écrire une lettre de motivation… vous devez aussi regarder sur internet… respectez les délais de candidatures… ok, la session est terminée, ça vous a été utile ? » Euh… t’es sarcastique là, ou tu veux une réponse sincère ?
En outre, la discrimination à l’emploi est ouverte et assumée : les employeurs ne s’en cachent pas et n’ont pas besoin d’en avoir honte puisqu’elle n’est pas prohibée et même indirectement encouragée - presque toutes les annonces d’emploi s’accompagnent d’un formulaire soi-disant destiné aux « statistiques » où le candidat est invité à indiquer sa religion, son origine ethnique (Distinction poussée puisqu’on demande de préciser par exemple entre Blanc-Anglais, Blanc-Ecossais, Blanc-Gallois, Blanc-Irlandais, Blanc-Autre), son âge, son sexe, présence d’un handicap ou non, ses préférences sexuelles, nombre de jours de congé maladie pris au cours des deux dernières années.
Il faut dire qu’il ne vaut mieux pas tomber malade en Angleterre… (à suivre)
la suite! la suite!
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